WebMag #3 Octobre 2008


Propos recueillis par Céline d’Arvieu.

Interview - Nicolas Moinet

Nicolas Moinet
Docteur en sciences de l’information et de la communication.
Maître de conférences à l’Institut de la COMmunication et des nouvelles TEChnologies (ICOMTEC) de l’université de Poitiers, où il dirige le master professionnel « Intelligence économique et communication stratégique ». Ses enseignements portent sur la veille stratégique, la sécurité économique et les stratégies-réseaux. Ses recherches portent sur l’intelligence économique et l’innovation.

Co-auteur de deux ouvrages consacrés aux analyses de réseaux professionnels :
« La stratégie-réseau » (00h00 Editions, 2000)
« Développez et activez vos réseaux relationnels » (Editions Dunod, 2004)

PGSM Anciens : bonjour M. Moinet, votre ouvrage « Développez et activez vos réseaux relationnels » co-écrit avec Christian Marcon, repose sur l’idée que le travail en réseaux (« networking ») ne va pas de soi mais s’apprend, qu’il existe des stratégies opérationnelles. Devons-nous dès lors substituer à ceux qui font du réseau comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, un profil de « réseauteur » arriviste et sans scrupule à la Rastignac ?

Qui n'a pas entendu un jour cette affirmation : « Oh mais moi, je fais du réseau comme Monsieur Jourdain faisait de la prose : sans le savoir ! ». Par là, votre interlocuteur veut en général signifier qu’il n’a que faire de vos élucubrations, réflexions et autres recettes sur l’art et la manière de faire du réseau. Chez lui, c’est inné. Ceux qui se comparent à Monsieur Jourdain – dans le domaine des réseaux comme dans d’autres - n’ont donc pas grand-chose à apprendre. Invitons-les tout de même à lire « Le Bourgeois gentilhomme » de Molière car il est des comparaisons qui méritent réflexion… Les Monsieur Jourdain, souvent, collectionnent les cartes de visite dont ils ne se servent pas, ou mal, ou de manière velléitaire. Pour gagner du temps, ils envoient leurs vœux à tout leur carnet d’adresses électronique en une seule fois. Quand ils ont besoin de quelque chose, ils passent un coup de fil, mais ne trouvent pas le temps d’entretenir leurs contacts dans l’intervalle. Ils vous diront qu’ils évitent de déranger, bien sûr. Les Monsieur Jourdain vont dans les réunions de leur club même s’ils n’ont pas la disponibilité nécessaire pour prendre davantage de responsabilités, ce qui ne les empêche pourtant pas d’en prendre. Naturellement, ils sont du cocktail ou du bon repas, pour entretenir leur réseau. Il le faut bien. Ils sont contents de ce qu’ils obtiennent ainsi et estiment donc qu’ils font au mieux. Dès lors, ce que l’on peut leur apprendre n’est jamais assez concret ni adapté à leur besoin immédiat.

Les Jourdain du réseau se repèrent de loin. Il faut bien dire qu’ils ne cherchent pas à se rendre discrets. Ce n’est pas le cas des Rastignac. Arrivistes sans scrupules, ils connaissent les faiblesses des hommes. Ils savent offrir leurs services et en réclamer le paiement. Donnant, donnant. D’ailleurs, en calculateurs et manipulateurs experts, ils ne font rien qui ne contribue à leurs projets. La logique est imparable : atteindre une position sociale ou professionnelle, s’en servir comme base d’appui pour entrer dans des réseaux ou conforter son réseau de relations. A partir de là, rebondir vers une position sociale supérieure. Jusqu’au sommet… et les plus hautes responsabilités !

Avoir des projets et de l’ambition est naturel. Utiliser ce que peuvent apporter les réseaux pour faire aboutir ses projets ou satisfaire ses ambitions est monnaie courante. Mais les Rastignac n’en sont plus là. Ils sont sans pitié. Leur usage du réseau est exclusivement prédateur. Mieux vaut donc les identifier avant qu’il ne soit trop tard.

S’il faut bien évidemment se méfier des « réseauteurs » de l’extrême, il serait néanmoins dommage de voir derrière chaque réseauteur un Rastignac en puissance. Car soyons sûrs d’une chose : le réseau n’est en soi ni bon ni mauvais. Au service d’une fin, il est coloré par le projet qu’il sert ou les hommes qui s’en servent, sans que la frontière entre les deux soit toujours bien délimitée.

Quels sont les premiers conseils pratiques que vous pourriez donner à une personne souhaitant se lancer dans une démarche de networking ? Quels sont les méthodes et les outils qui se présentent d’emblée au futur réseauteur ?

Adoptez avant tout une démarche stratégique (les techniques et outils suivent presque naturellement) à savoir :
- Quel est mon réseau actuel ? C'est le fameux « connais-toi toi-même » appliqué aux networking.
- Quel problème dois-je résoudre et quel est mon champ d'action ? On remarque, en effet, qu'il existe bien souvent un décalage entre le projet et le réseau censé l'appuyer. Et plus précisément : quels sont les facteurs de réussite de mon action ?
- Quels sont les acteurs et réseaux dont la contribution peut être déterminante ou utile ? Il faut notamment pouvoir répondre aux questions suivantes : qui a un pouvoir de décision ? Qui a une capacité d'influence ? Qui aura l'information utile ? Puis : dans quel réseau sont ces acteurs ? Ces réseaux peuvent-ils agir sur eux ? Comment puis-je y accéder ? Dois-je chercher à y entrer ?

C'est une fois cette démarche stratégique mise en œuvre qu'il pourra être pertinent, ou non, de faire appel à la panoplie du parfait réseauteur : carte de visite, messagerie électronique, blog, sites de « social networking », annuaire des anciens, club en tout genre (association de diplômés, clubs professionnels, sportifs, Think tank, etc.). Mais comme disait le philosophe Sénèque : « Nul vent n’est favorable pour celui qui sait où il va ».

Pourriez-vous indiquer les repères stratégiques qu’il faut toujours avoir à l’esprit dans la constitution, le développement et la sauvegarde de son propre réseau relationnel ?

Il s'agit tout bonnement des trois principes universels de la stratégie.

Principe n° 1. Garder votre liberté de manœuvre.
Que signifie l’expression « garder sa liberté de manœuvre » dans notre cas ? Tout d’abord, pensez à toujours conserver plusieurs chemins-réseaux pour atteindre un acteur ou une organisation. Connaître une seule personne dans une entreprise, c’est prendre le risque d’être paralysé si cette personne la quitte ou se trouve indisponible lorsque l’on aura besoin d’elle. Laisser au seul président/animateur le soin d’être le représentant de son réseau auprès des autorités, c’est prendre le risque de n’être plus connu si le dit président/animateur part. Il ne faut donc pas lui accorder une centralité d’intermédiarité excessive. Mieux vaut agir en tandem ou à trois dans ce genre de prise de contact.
Garder sa liberté de manœuvre, c’est encore considérer tout nouvel entrant dans son réseau sous l’angle de la liberté de manœuvre qu’il apporte, de potentiel. Mais quelle sera sa disponibilité ? A-t-il l’esprit d’équipe ? Dans un réseau qui cherche à développer une action locale, de type politique, faut-il rechercher activement l’entrée de nouveaux commerçants si cette profession est déjà bien représentée ? Ne vaudrait-il pas mieux orienter sa démarche vers des représentants d’une autre profession, mal ou non représentée dans le réseau ? Cela créerait une opportunité d’action nouvelle.

Principe n°2. Concentrez vos efforts. 
Comment paralyser un réseau ? En lui confiant sans cesse plus de projets, jusqu’à ce qu’aucun ne puisse plus aboutir. Sans même considérer une situation maligne, il est naturel que les membres d’un réseau regorgent d’idées et d’envies. C’est plutôt un signe de bonne santé. Jusqu’au point de saturation.
Tout réseau est un espace où convergent des intérêts et fleurissent donc des projets qui ne sont pas tous et toujours compatibles. La seule voie de réussite consiste à recentrer les actions sur la raison d’être du réseau. En quoi chaque projet contribue-t-il à l’accomplissement de cette raison d’être ? Quelles sont les priorités ? Dans ces circonstances, les talents de manager de l’animateur sont précieux.

Principe n°3. Economisez vos forces.
A quoi sert un réseau professionnel ? A dégager des synergies, autrement dit à faire mieux en s’épuisant moins. Le réseau professionnel est désiré pour cela : il fait gagner du temps, économiser de l’énergie personnelle, trouver des solutions plus futées, améliorer ses capacités, économiser de l’argent aussi. Mais, pour cela, il faut donner. Donner pour espérer recevoir cet apport qui, le moment venu, permettra d’économiser ses forces.
Pour y parvenir, il faut par exemple savoir économiser son réseau, ne pas le solliciter constamment. Celui qui demande du temps mais n’en a pas à donner sera vite catalogué. Or le réseau est un accélérateur de réputation, positive comme négative. Alors, prudence. Il faut aussi économiser ses forces en n’entrant pas dans plus de réseaux qu’on n’en peut décemment fréquenter et en ayant un rôle actif dans chacun d’eux. A vouloir être partout, on n’est plus nulle part. Il faut aussi savoir dire non. Mais là où l’on s’engage, il est essentiel d’être présent, actif. Ces forces là ne doivent pas être chichement mesurées. Ce qu’elles apporteront en retour – nul ne sait quand – vaudra largement l’investissement consenti. Mais il faut savoir être patient et cultiver son réseau comme on fait du jardinage.

Existent-ils des techniques spécifiques pour évoluer dans un autre réseau relationnel que celui que l’on constitue stratégiquement ? Comment devenir central, ou du moins incontournable, dans un autre réseau que le sien ?

Parlons plutôt de méthode et, surtout, d’intelligence relationnelle.

Etre central au sein de son réseau constitue un avantage stratégique indéniable. Combien de fois prête-t-on aux membres d’un réseau une capacité d’activation qu’ils n’ont pas réellement ? Appartenir à un réseau ne suffit pas : il faut y être central. Mais il faut avoir à l’esprit qu’il existe différents facteurs de centralité. Peut ainsi être central : celui qui a noué le plus grand nombre de liens directs au sein du réseau ; celui qui peut s’appuyer sur le plus grand nombre de liens solides ; celui qui a besoin du plus petit nombre d’intermédiaires pour atteindre sa cible ; celui qui est le seul à assurer une connexion importante entre deux groupes…

Etre central au sein d’un réseau est évidemment un statut envié. Aussi une stratégie de contrôle est-elle à conseiller vivement afin d’anticiper toute tentative de déstabilisation. Celle-ci doit être couplée à une stratégie d’engagement traduisant une prise d’initiative et une avance permanente. Pour devenir central, de multiples stratégies sont possibles : prendre la place du leader ; se rapprocher du cœur du réseau pour gagner en crédibilité et en légitimité ; favoriser les divisions au sein du réseau ou même créer son propre réseau…

Quelles sont les qualités requises pour être un bon manager en réseau ? Y a-t-il, selon vous, des limites d’un autre ordre que stratégique à respecter dans le management en réseau ?

Le manager en réseau idéal devrait réunir les 7 qualités suivantes :

  1. la convivialité, afin de susciter un sentiment de sympathie
  2. la ténacité, car les résultats se font souvent attendre
  3. la pro activité, le réseau vivant avant tout des bonnes volontés
  4. la discrétion qui est un gage de confiance et de confidences
  5. la diplomatie afin de favoriser les situations de gagnant gagnant
  6. la fiabilité (ne pas s’investir dans un domaine où on n’aurait pas sa place)
  7. une vraie capacité d’animation pour susciter l’échange, favoriser le contact et faire adhérer au projet.

Merci M. Moinet.

Interview - Frédéric Ronflard Frédéric Ronflard
Directeur de Robert Walters France
Robert Walters est un cabinet international spécialisé dans le conseil en recrutement de cadres expérimentés.

PGSM Anciens : bonjour M. Ronflard, pouvez-vous présenter le cabinet Robert Walters ? Quelles sont les raisons de votre réussite ?

Le cabinet a été fondé en 1985 par Robert Walters à Londres, un expert comptable de 32 ans à l’époque, auditeur chez Deloitte. Le cabinet a connu une forte croissance et compte actuellement 1 650 collaborateurs dans le monde, précisément dans 37 bureaux et 16 pays. Le groupe est coté à la bourse de Londres et s’impose aujourd’hui comme la référence mondiale du recrutement spécialisé.
Lancé en 1999 par Antoine Morgaut, aujourd’hui directeur général de Robert Walters Europe continentale, le bureau français compte 130 collaborateurs dans 3 bureaux (Paris, Lyon et Strasbourg).
Notre cœur de métier était à l’origine la finance d’entreprise, mais nous intervenons désormais également dans les fonctions suivantes : ressources humaines, juridique et fiscal, systèmes d'information, conseil, ingénieurs production et management de transition. Nous avons également une approche sectorielle en banque (banque d’investissement et banque de détail), en immobilier et en assurances.

Je pense que notre succès est dû notamment à la stabilité de nos équipes, notre expertise métiers, notre culture du résultat, notre forte déontologie et surtout notre volonté de toujours nouer de véritables relations de confiance – et je dirais même de « partenariat » - avec nos candidats et nos clients.

Quels profils recrutez-vous ?

Nous recrutons exclusivement des profils « middle et top management », du profil peu expérimenté ayant un à deux ans d’expérience aux membres de comité de direction, dans tous les domaines précédemment cités.

Qui sont vos principaux clients ?

Sans vous donner de noms, nos clients sont plutôt des groupes internationaux dans l’industrie, la banque, les assurances, le conseil, l’énergie, l’immobilier, les services, l’agroalimentaire ou les télécoms entre autres.

Quels sont les fonctions et les secteurs d’activité qui recrutent le plus actuellement ?

En ce moment, le marché de l’emploi des cadres est caractérisé par un taux de chômage très faible (autour de 4%) et une nouvelle donnée depuis quelques mois, due à la crise financière : les candidats déjà en poste sont beaucoup plus réfractaires au changement qu’auparavant, ce qui allonge la durée des processus de recrutement.

Dans l’ensemble, les besoins en recrutement dans les fonctions de contrôle, techniques, informatiques, en systèmes d’information ou en banques d’investissement restent élevés malgré la crise.
Les banques de détail ont structurellement toujours de nombreux besoins en recrutement (pour des postes de commerciaux, des directeurs d’agence …) liés à leur pyramide des âges un peu défaillante.
Les cabinets d’audit et de conseil quant à eux continuent de recruter malgré un léger ralentissement : ils évitent cette fois le piège dans lequel ils étaient tombés pendant la crise précédente, lors de laquelle ils avaient stoppé leurs recrutements et s’étaient retrouvés avec « un trou » dans leur pyramide des âges. Leur niveau d’exigence a été en revanche revu à la hausse par rapport à ces dernières années.

Quels sont vos critères de recrutement ? Plutôt les diplômes ou l’expérience professionnelle ?

Cela dépend vraiment de la culture de l’entreprise qui recrute. Dans certains grands groupes bancaires ou immobiliers par exemple, les diplômes seront toujours un critère déterminant. Mais au contraire, dans d’autres groupes plus proches de la culture d’entreprise anglo-saxonne (comme le groupe américain General Electric), le recruteur s’intéressera peut-être davantage à votre expérience professionnelle, votre motivation, votre personnalité, ce que vous pouvez apporter en terme d’énergie ou de potentiel. La tendance actuelle et la tension grandissante sur le marché des cadres favorisent cette lutte contre la discrimination liée au diplôme.

Quels conseils prodigueriez-vous à un jeune diplômé du groupe PGSM ?

- « Soyez mobile ». Acceptez la mobilité vers la province ou l’international. Les grands groupes recherchent souvent des personnes mobiles et vous risquez de passer à côté d’une belle opportunité si vous n’y êtes pas préparé. Faire preuve de mobilité est d’autant plus indispensable pour un jeune diplômé, souvent encore célibataire, que cela devient de plus en plus compliqué lorsque l’on vit en couple et que les deux travaillent.

- « Misez sur l’international ». Parlez anglais couramment et donnez-vous l’opportunité de le pratiquer, idéalement dans un contexte professionnel, lors d’un stage à l’international par exemple. Etre diplômé d’un MBA peut également être une clé.

- « Soyez ouvert ». Dans votre choix de poste et n’hésitez pas à aller à contre-courant ! Les jeunes diplômés ont trop souvent tendance à se diriger vers des métiers « standard » où la demande est forte : audit externe, banques… Ne négligez pas les portes d’entrée moins courtisées, qui sont souvent de meilleurs gages de réussite à moyen terme. Deux exemples : les postes de consolideur statutaire et de contrôleur de gestion industriel. Ces derniers sont souvent en province, moins attrayants et pourtant, ils vous donneront une expérience qui vaudra cher dans 2 ou 3 ans. Ne vous focalisez pas sur les « voies royales » !

- « Ne négligez pas les spécialisations qui vous paraissent moins glamour ». Par exemple, un diplômé spécialisé dans l’expertise comptable aura plus de chances d’être recruté par les entreprises, les banques…

- « Mais ne vous spécialisez pas trop, restez généraliste autant que possible ». Prenons l’exemple de certains métiers très typiques en banque qui font rêver les étudiants quand tout va bien : les marchés financiers, le front office ou encore les fusions et acquisitions. Ces deux dernières années ont effectivement battu des records dans ces domaines et les jeunes diplômés il y a 2-3 ans dans ces spécialisations en ont bien « profité ». Mais le contexte financier actuel va forcément impliquer moins d’embauches dans ces métiers.

- « Soyez motivé ! » Surtout, ne jouez pas les « divas », n’hésitez pas à afficher votre motivation lors des entretiens de recrutement, cela fera vraiment la différence.

- « N’oubliez pas qu’une carrière se construit à moyen terme et non à court terme ». Tout d’abord, sachez que votre premier poste ne va pas forcément conditionner toute votre réussite future. Ensuite, ne voyez pas d’un mauvais œil une possibilité qui a priori vous paraît moins attirante et plus technique : elle sera peut-être finalement un très bon tremplin pour votre carrière et vous permettra d’être repéré et d’obtenir un « très beau poste » évolutif si vous êtes impliqué. Bref, projetez-vous dans l’avenir.

Que doit-on faire pour augmenter ses chances d’être contacté  par un chasseur de têtes ?

Tout d’abord, je vous conseille de ne surtout pas attendre d’être en recherche d’emploi pour augmenter votre visibilité sur le marché et développer votre réseau professionnel, via votre ancienne école ou les outils du type Viadeo par exemple. S’il vous faut pour cela adhérer à votre association d’Anciens, payer une cotisation ou un abonnement, n’hésitez pas à le faire.
En bref, mettez-vous dans une logique « active » et soyez toujours à l’affût des opportunités !
Même si tout va très bien pour vous, que vous venez d’obtenir le job dont vous rêviez, n’attendez pas, réactualisez votre CV en ligne, mettez vos coordonnées à jour auprès de votre association d’Anciens, impliquez-vous dans le réseau, …
Trop souvent, les gens s’activent seulement lorsqu’ils se retrouvent en difficulté professionnelle et à ce moment-là il est déjà trop tard car ils n’ont pas été « identifiés » par les recruteurs.

Un dernier conseil : mettez-vous en contact avec le cabinet Robert Walters si vous évoluez dans l’un de nos domaines d’intervention, n’hésitez pas à nous envoyer votre CV, n’importe quand…!

Quels sont les projets de développement du cabinet Robert Walters ?

Tout d’abord, nous venons de lancer une activité d’Executive Search, autrement dit de « recherche pure » dédiée à des profils très élevés de comité de direction (supérieurs à 140 K€/an de salaire).
Ensuite, nous allons continuer de nous développer sur la province, afin d’assurer une couverture nationale.
Et concernant l’étranger, nous nous dirigeons vers la Suisse et l’Allemagne et nous étudions les différentes possibilités en Europe.

Merci M. Ronflard.

Interview - Georges Legros Georges Legros
Professeur de comptabilité et de finance, PGSM

PGSM Anciens : bonjour M. Legros, vous êtes professeur au sein du groupe PGSM depuis plusieurs années. Pouvez-vous nous retracer votre parcours professionnel ?

Je suis formateur-conseil chez Alcatel, expert-comptable en cabinet d’audit, consultant en toute indépendance, beaucoup d’enseignement et de formation professionnelle, et auteur de quelques ouvrages.

Que vous apportent personnellement votre activité professorale et le contact quotidien avec les étudiants ?

Des émotions, un dynamisme conservé, une empathie à l’épreuve.

Quels sont vos plus grands souvenirs en tant que professeur à l’ESG ?

Le pire : une marche manquée en amphi, la chute…suivie du meilleur : une étudiante se précipite à mon secours…

Vous êtes très populaire auprès de vos anciens élèves et de vos étudiants actuels. Pour quelles raisons selon vous ?

La coupe de cheveux, certainement…

Quelles recommandations feriez-vous aux jeunes diplômés qui sont actuellement en recherche d’emploi ?

Persévérez en ce que vous êtes, ignorez les voies royales.
Travaillez, bien sûr.
Mais pour être riche, il vous faudra trouver autre chose.

Quelles sont selon vous les qualités indispensables au bon démarrage d’une carrière professionnelle ?

L’enthousiasme, la passion, la volonté de faire et de séduire.

Etes-vous encore aujourd’hui en contact avec certains de vos anciens élèves ?

Oui, c’est toujours sympa de voir les jeunes vieillir…

Merci M. Legros.

Pour le contacter : email

 

Interview - Tristan Rachline Benjamin Chaminade
Associé fondateur d’Actance Conseils et d’Inside HR, ESG 95

Parcours de Benjamin Chaminade

Benjamin Chaminade est un expert franco-australien en ressources humaines et en valorisation des talents. Cofondateur et dirigeant d’Actance, agence de recrutement international basée à Paris et d’Inside HR, cabinet de conseil basé à Sydney intervenant en France, Asie et Océanie dans les domaines de l’optimisation des stratégies de ressources humaines et de management des talents, il a été le premier à parler de « gestion des talents » et de « marque d’employeur » en France. Il est surtout connu en Australie pour ses travaux sur la « génération You » qui challenge la classification habituelle des générations : son blog www.generationy20.com est devenu une référence dans le domaine du management.

Auteur de plusieurs ouvrages traitant de la gestion des talents, du management des compétences et des pratiques des employeurs de choix, le 8ème livre de Benjamin Chaminade intitulé « RH et compétences dans une démarche qualité » a reçu la mention du grand prix du livre « Qualité et performance 2005 ». Véritable « architecte RH » et « talent trader », il est associé au Herman Group qui distribue la « Herman trend alert », newsletter annonçant les tendances futures en pratiques RH et en recrutement dans les pays francophones, et a participé au livre blanc « Recrutement en 2010 » pour Focus RH.

PGSM Anciens : bonjour Benjamin, pouvez-vous résumer votre parcours professionnel ?

Après quelques années dans le domaine commercial, je me suis tourné vers le conseil au moment où l’on commençait à parler des 35 heures. Je suis devenu indépendant avant de créer un premier cabinet spécialisé en développement des ressources humaines. Après avoir publié différents ouvrages dans le domaine du management (aux éditions Afnor), je suis parti en Australie en 2002. J’y ai tout d’abord rejoint une agence de recrutement, puis j’ai créé Inside HR, une agence de « gestion des talents » proposant des services de marketing RH et de recrutement. J’ai également lancé un blog www.generationy20.com que j’anime encore aujourd’hui, devenu une référence dans le domaine du management

En quoi consistent votre activité actuelle et plus précisément votre expertise ?

J’interviens à plusieurs niveaux. Sur un plan stratégique, j’aide les managers à identifier les « talents » dans leurs équipes et à déterminer les sources de recrutement et les meilleurs moyens de développement. Sur un plan plus opérationnel, je dispense des formations dans divers domaines : management et adaptation des pratiques de management, recrutement 2.0, etc. Je commence depuis cette année à intervenir dans des écoles : Euromed, ESC La Rochelle, le Celsa et très prochainement à l’ESG. Une autre partie importante de mon activité consiste à être un « trend setter », c’est-à-dire à humer l’air du temps pour en dégager les tendances et aider les chefs d’entreprises à déterminer leurs stratégies et politiques RH.

Qui sont vos clients et dans quels domaines intervenez-vous ?

La liste est longue aujourd’hui mais les plus connus en France sont Accenture, Club Med, Samsung, Leclerc ou encore Adecco. J’interviens dans des domaines aussi variés que l’industrie, la recherche nucléaire, les loisirs, le conseil, etc.

Quelles sont selon vous les grandes tendances en RH dans les années à venir ?

J’en citerais trois :
- les problèmes générationnels vont s’amplifier entre les jeunes diplômés et les quadras : les premiers vont continuer à profiter du départ à la retraite des seniors (malgré la crise) au détriment des seconds qui attendent l’occasion depuis bien plus longtemps.
- le retour à davantage de relations et d’émotions entre les salariés avec le déclin des systèmes d’information RH.
- le début des « mana DJ », des managers inquiets de l’enthousiasme et de l’engagement de leur équipe…
A suivre, un ouvrage qui paraîtra sur ces thèmes début 2009 aux Etats-Unis.

Quelle est la clé de votre succès selon vous ?

Le fait d’être à la fois dans la prospective (le marketing sera mort demain) et à la fois dans le concret en proposant des solutions d’adaptation : les entreprises qui souhaiteront demain se démarquer de leurs concurrents afin d’attirer les meilleures recrues devront proposer une offre et non plus une promesse.

Quelle rencontre vous a le plus marqué professionnellement ?

Celle de mon associé Emal, afghan et australien, avec qui nous essayons de changer le monde à notre manière.

Quels conseils donneriez-vous à des Anciens qui souhaiteraient également créer leur entreprise ?

Devenez monomaniaque sur un seul projet à la fois et travaillez avec des personnes que vous appréciez personnellement et professionnellement.
Croyez en vous et concentrez-vous sur votre projet. Plus votre entourage vous dira que ça ne marchera pas, plus vous devrez y croire et le mener à bien.
Comprenez aussi que l’échec n’est qu’un début et certainement pas une fin !

Quelles qualités sont nécessaires à la réussite d'une carrière professionnelle selon vous ?

D’abord, gardez bien à l’esprit que rien n’est jamais tracé à l’avance. Même s’il est important d’avoir un projet professionnel bien défini pour passer la sélection des recruteurs, restez ouvert à vos aspirations et choisissez ce qui vous plait.
Identifiez « votre talent ». Attention, je ne parle pas de « compétence », mais bien de « talent ». Quelle est cette chose que vous faites plus facilement que les autres et qui fait de vous quelqu’un d’unique ? Identifiez votre talent et utilisez-le !

Quels souvenirs gardez-vous de votre scolarité à l'ESG et êtes-vous encore aujourd'hui en contact avec d'anciens camarades ?

La vie en dehors des cours, le soutien entre étudiants qui m’a permis de tisser des liens amicaux que j’entretiens encore aujourd’hui et qui j’espère, dureront encore très longtemps.
J’ai donc des contacts réguliers avec le réseau des Anciens dans ma vie privée mais aussi par le biais du Club RH animé par Frédéric Zante (ESG 94).

Que pensez-vous des réseaux d'anciens élèves ?

Aujourd’hui, tout est réseau ou communauté. Je trouve simplement dommage de n’avoir la plupart du temps des nouvelles des Anciens PGSM que lorsqu’ils cherchent un emploi ou à partir en Australie…

Vous êtes un membre actif du site Viadeo, pourquoi ?

Dans le cadre de mon activité de recrutement, j’utilise Viadeo d’abord pour trouver des candidats et ensuite pour rester en contact avec ceux qui ne me sont pas assez proches pour être dans mon réseau Facebook.

Que pensez-vous des outils mis en place par le département Carrières pour animer le réseau des Anciens PGSM (magazine « WebMag PGSM Anciens » et annuaire en ligne, communauté privée sur Viadeo, soirées de retrouvailles, conférences, etc.) ?

Je vous encourage sincèrement à continuer ! J’ai « redécouvert » votre activité en recevant une invitation électronique à l’une de vos conférences sur la gestion de carrière !
Vous savez, on n’est étudiant à l’ESG que pendant trois ou quatre ans, mais on reste un Ancien toute la vie ! Il est donc primordial que le département Carrières continue à développer ces outils, afin que nous restions tous en contact et fassions de la Communauté des 24 000 Anciens PGSM un des réseaux les plus puissants !

Quels sont vos projets professionnels ?

Il me reste encore pas mal de pays dans lesquels je n’ai pas encore travaillé : l’Inde et le Japon en particulier sont mes prochaines cibles.
Je m’occupe également d’une entreprise d’assistance en rallye (Paris-Dakar, Transorientale, etc.) que je souhaite développer (www.technoraid.com).
Bref, je m’intéresse à tout ce qui peut me permettre de passer le maximum de temps en Australie sur ma planche de surf…

Merci Benjamin.

Interview - Tristan Rachline Tristan Rachline
Directeur de MTV Publicité, ESGCI 95

PGSM Anciens : bonjour Tristan, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Après mon diplôme de l’ESGCI en 1995, je me suis dirigé pendant 1 an vers le théâtre de rue, qui était ma première passion. Puis j’ai décidé de revenir à la communication dans une agence hors média, spécialisée dans la commercialisation de solutions à partir de licences : une expérience vraiment enrichissante, qui m’a permis d’acquérir une vision très opérationnelle en matière de gestion de projets, de production d’événements et de relations commerciales.
Ensuite, je suis allé chez NRJ Régie, attiré par le monde des médias : en tant que responsable de clientèle, je développais des opérations spéciales, plus spécifiquement sur la marque NRJ, je m’occupais de toutes les stations de radio du groupe NRJ.
Trois ans après, j’ai été recruté par MTV (via un cabinet de chasseurs de têtes) pour développer la société MTV Networks en France. L’idée était de mettre en place une plateforme commerciale pour la chaîne de télévision MTV (qui était à l’époque un site américain de clips), afin de pouvoir à terme accueillir des éditeurs et construire un véritable réseau média.

Comment êtes-vous devenu directeur de la régie MTV ?

Auparavant, la publicité de MTV était commercialisée par la régie « IP France ». J’ai donc dû créer notre propre plateforme commerciale, ce qui a pris environ un an et demi, puis embaucher des commerciaux. Des éditeurs nous ont rapidement rejoints et nous sommes passés d’une seule chaîne à 6, de 2 commerciaux à une vingtaine et de 8 salariés à une centaine dans la régie. J’encadre aujourd’hui environ 20 personnes, comprenant une dizaine de commerciaux, une équipe planning de 6 personnes et une équipe étude « inside » consommateurs de 4 personnes.
MTV publicité commercialise actuellement l’espace publicitaire de 6 chaînes de télévision (propriétés du groupe MTV Networks), de 12 sites Internet et de produits liés au numérique comme les podcasts par exemple.

Quels sont les meilleurs et les moins bons côtés dans votre fonction de directeur de régie ?

Les meilleurs côtés de ma fonction sont très spécifiques à MTV. En effet, MTV est un groupe international mais représente en France essentiellement des chaînes du câble et satellite. Notre petite structure me permet donc de me trouver au cœur de toutes les discussions, de toutes les stratégies et de participer complètement au développement du groupe MTV. D’autant plus que je suis un des 4 membres du comité de direction et que la dimension commerciale est totalement intégrée aux discussions et au développement éditorial de nos différentes marques.

Comme point négatif, je citerais peut-être « notre exclusivité » qui implique que nous soyons moins important que les autres sur le marché global des médias, bien que leader sur notre marché. Cette position nous oblige à être davantage en « push » commercialement parlant, en développement, à la recherche de clients, qu’en gestion d’appels entrants.

Quelle rencontre professionnelle vous a le plus marqué ?

La rencontre professionnelle qui m’a le plus marqué a eu lieu il y a 3 ans lors d’un séminaire où l’intervenant principal était Joël de Rosnay, un éminent biologiste et futurologue, qui développe aujourd’hui un discours sur l’avenir des médias et particulièrement sur la technologie dans les médias.
Je voudrais parler également de la première rencontre professionnelle qui m’a beaucoup aidé lorsque j’ai débuté : il s’agit de Jean-Michel Pillard, mon premier employeur en agence hors média, qui était fondateur de l’agence et qui avait réussi à monter tout seul un groupe international. Il m’a quasiment tout appris dans le domaine de la vente.

Qui est votre modèle professionnel ?

Je n’ai pas encore trouvé mon mentor, bien que cela puisse être utile dans une carrière professionnelle.
Je citerais néanmoins mon père comme principal modèle professionnel.

Comment définiriez-vous la culture d’entreprise de MTV ?

Tout d’abord, MTV est une société très entrepreneuriale, véritablement à l’écoute des opportunités que ses salariés peuvent proposer : chacun apporte vraiment ses compétences personnelles.
En même temps, notre fonctionnement est extrêmement hiérarchique : nous appartenons à un énorme groupe américain, Viacom (propriétaire de Paramount, de DreamWorks, de 60 chaînes de TV, de nombreuses radios…) et donc forcément, comme dans tous les grands groupes, il y a beaucoup de « reporting » à faire, surtout à mon niveau, aussi bien en interne qu’à l’international.
Enfin, je dirais que MTV est caractérisée par une véritable culture du divertissement et du loisir.

Quel est le positionnement exact de MTV ?

Aujourd’hui, c’est la chaîne de l’exclusivité et de l’inédit, dans le domaine du divertissement et du loisir, qui peut apporter par la richesse de son catalogue le plus de contenus différenciant sur le marché français. Les formats que nous présentons actuellement sur MTV sont certainement des formats qui existeront en hertzien de manière historique dans les 6 mois ou 1 an à venir.

Pouvez-vous nous parler plus précisément des chaînes du groupe MTV ?

Citons tout d’abord la chaîne « MTV Pulse » dont le cœur de cible est plutôt un public pop/rock, la chaîne « MTV Idol » qui s’adresse aux amateurs de musique « revival » et « MTV Base » qui vise la génération ayant grandi avec le hip hop, le R&B et le rap.
Ensuite, je parlerais de « Game One » - qui était à l’origine surtout une chaîne spécialisée dans les jeux vidéo, aujourd’hui positionnée comme « la chaîne de la génération digitale » - et de notre chaîne jeunesse « Nickelodeon » bien connue des enfants pour ses programmes phares : Dora l’Exploratrice, Bob l’Eponge, Jimmy Neutron, etc.

Quelle est la part de la publicité dans le financement de MTV ?

La publicité représente 65% du chiffre d’affaires global de la chaîne (j’entends par « publicité » l’ensemble des solutions que nous pouvons proposer aux annonceurs).

Que diriez-vous de la concurrence sur votre marché ?

Je dirais essentiellement qu’elle se cherche en ce moment puisque l’explosion du numérique a permis aux éditeurs de prendre plus de pouvoir que les régisseurs. Il y a 2/3 ans, il était essentiel d’utiliser les plus grandes chaînes généralistes pour espérer toucher sa cible, mais aujourd’hui en période de crise économique, d’explosion du numérique, les annonceurs se dirigent de plus en plus vers leur centre d’intérêts, leur préoccupation principale. Par définition, les grandes chaînes généralistes s’attachent en effet à plaire à tout le monde, et donc forcément plaisent moins spécifiquement à leur cœur de cible.

Résultat, TF1 et M6 sont aujourd’hui concurrencées par les chaînes digitales de la TNT. Et les grandes chaînes en général ne réussissent plus à trouver de public, ni à séduire un public spécifique, alors que notre positionnement est plus précis et notre contenu inédit et exclusif.

Je dirais pour résumer que nos concurrents sont de grands groupes, mais que l’on est assez isolé sur notre marché.

Avez-vous fixé des limites concernant les publicités diffusées sur MTV ?

Oui. Nous sommes soumis à 2 organismes de loi : le premier est l’OFCOM (OFfice of COMmunication) au Royaume-Uni, auquel nous devons absolument adhérer, et le second est le BVP (Bureau de Vérification des Publicités) - appelé aujourd’hui « ARPP » (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) - auquel nous essayons de répondre, bien que nous n’y soyons pas soumis juridiquement.
Notre troisième limite est le bon sens : par exemple, à l’issue d’une discussion interne, nous pouvons décider de ne pas accepter certains services d’Audiotel, si nous estimons qu’ils sont indécents vis-à-vis de nos téléspectateurs.

Vous arrive-t-il de refuser des annonceurs ?

Oui, dans les cas suivants :

  1. soit leurs publicités ne sont pas suffisamment qualitatives (faites avec des « bouts de ficelles »), ce qui arrive de temps en temps,
  2. soit elles ne sont pas en adéquation avec notre ligne éditoriale. 
  3. soit on se trouve « plein » en inventaire (au complet) et la réglementation de minutes autorisées en publicité ne nous permet pas d’accepter d’annonceurs supplémentaires.

Nous refusons environ 1% des campagnes. Mais je vous rassure, nous passons plus de temps à aller chercher des annonceurs qu’à en refuser… J

Quelles qualités sont nécessaires à la réussite d’une carrière professionnelle ?

Tout d’abord, la curiosité : si l’on n’est pas à l’écoute des opportunités, de ses propres centres d’intérêt, il est difficile de développer un projet professionnel qui fonctionne.
Ensuite, la persévérance : quand on a défini un objectif professionnel, quel qu’il soit, il ne faut jamais lâcher.
Enfin, la rigueur, qui va de pair avec la persévérance.

Quels conseils donneriez-vous à des étudiants ou des Anciens qui souhaiteraient exercer la même fonction que vous ?

Intéressez-vous à tout ce qui entoure votre formation ! Allez plus loin, montez des associations, construisez des projets, car il n’y a rien de mieux qu’un bon chef de projet, capable de mettre en oeuvre une idée de A à Z et d’être très rapidement opérationnel !

En quoi l'ESGCI vous a-t-elle permis de construire votre projet professionnel ?

L’ESGCI m’a apporté des connaissances essentielles dans de nombreux domaines, en matière de management, de ressources humaines, de gestion, de marketing, etc. Bien que théoriques, ces matières étaient enseignées par des « opérationnels », ce qui rendait les cours très intéressants.
De plus, l’ESGCI m’a permis de développer mes propres centres d’intérêt à travers une association de voile ou l’organisation de soirées en tant que vice-président du BDE : monter un projet qui soit rentable, encadrer des gens ont vraiment été des expériences épanouissantes pour moi.

Quels souvenirs gardez-vous de l’ESGCI ?

J’aurais tout de suite tendance à vous parler des fêtes, qui étaient « énormes » !

Je me souviens également très bien d’un enseignant qui m’a marqué et que j’ai trouvé vraiment intéressant : Jean-Marc Lehu. Il avait su imposer une personnalité très forte (avec notamment son nœud papillon) qui n’était pas forcément appréciée par la majorité des élèves. Bon théoricien et doté d’une culture générale immense, il avait poussé sa passion jusqu’à s’impliquer dans l’organisation de la « Nuit des Publivores » (le rendez-vous annuel des amateurs de pub) et de plusieurs associations dont il parlait assez souvent. C’était une personne très ouverte qui n’a jamais renié sa personnalité, même si ses « nœuds pap » étaient toujours assez surprenants… !

Etes-vous encore aujourd'hui en contact avec d'anciens camarades de l'ESGCI ?

Oui, certains d’entre eux sont restés des amis alors de temps en temps, on se donne des petits coups de main professionnels.
En fait, le réseau des Anciens fonctionne plutôt bien chez MTV : dans mon équipe, il y a Muriel Ferrero (ESG 96) qui est directrice des études, Olivier Tible (ESG 94) qui est directeur de clientèle et Aurélie Lagarde (ESGCI 95) qui est responsable de la communication.

Vous avez donc recruté vous-même des anciens élèves du groupe PGSM ?

Oui en effet ! Mais pour être précis, je n’ai pas recruté la directrice des études, c’est un hasard !
Mais les deux autres personnes, c’est moi !

Avez-vous déjà participé à un événement PGSM Anciens, si oui pourquoi ?

Oui, j’ai participé au Forum des Métiers du marketing, de la communication et de la publicité organisé par le département Carrières du groupe PGSM en mars 2008. Connaissant un peu les interrogations que peuvent se poser les étudiants ou les jeunes diplômés, je souhaitais leur parler de mon parcours professionnel, répondre à leurs questions mais surtout essayer de les rassurer sur un monde parfois inquiétant…

Quels sont vos projets professionnels ?

La première étape de mon projet est de faire de MTV une structure leader en France sur le marché des chaînes payantes à court ou moyen terme.
Ensuite, j’envisage de m’expatrier à l’étranger (aux Etats-Unis ou en Australie) afin d’acquérir une bonne maîtrise des techniques anglo-saxonnes de négociation commerciale : l’idée serait de créer un cabinet ou en intégrer un qui m’intéresserait et qui voudrait bien de moi !
Et enfin, je souhaiterais transmettre mon expertise à travers une activité de conseil.

Pour conclure, y a-t-il une information que vous souhaiteriez communiquer aux Anciens ?

Oui, je voudrais insister sur un point essentiel selon moi : dans une carrière professionnelle, il n’y a rien de plus important que « l’échange ». C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’ai participé au Forum des Métiers et que je réponds à votre interview aujourd’hui.
Je pense en effet que si l’on veut vraiment progresser, il ne faut surtout pas considérer que l’on est tout seul contre les autres, mais plutôt que l’on travaille bien « avec » et « grâce » aux autres.

Merci Tristan.

 

Interview - Jean-Baptiste Igonetti Jean-Baptiste Igonetti
Directeur d’agence, LCL, ESGF 2001
Représentant des Anciens ESGF au sein du Bureau de l’association PGSM Anciens

PGSM Anciens : bonjour Jean-Baptiste, quel a été votre parcours après l’ESGF ?

Diplômé de l'ESGF en 2001, j'ai eu la possibilité de rejoindre le groupe CIC en qualité de conseiller patrimonial puis le LCL comme gérant privé en 2005. La nouvelle organisation de la banque m'a permis de prendre la responsabilité d'une agence en 2007.

En quoi consiste votre poste actuel de directeur d'agence au Crédit Lyonnais ?

Ce poste requiert des aptitudes à l'encadrement opérationnel d'une entité commerciale, de gestion du risque et d'accompagnement des équipes (formation, appui commercial). C'est avant tout un métier relationnel.

Comment avez-vous été recruté à ce poste ?

Le choix m'a été donné de devenir banquier privé ou directeur d’agence. L'aventure humaine a été la première de mes motivations dans ce choix.

Quelles sont les compétences requises pour occuper ce poste ?

La rigueur, le goût des chiffres et du reporting, un sens aigu de la négociation et des relations humaines.

Quels sont les meilleurs et les moins bons côtés de votre fonction selon vous ?

Tous les jours, c'est un nouveau défi à relever surtout en ces temps tourmentés sur les marchés. Il n'y a pas précisément de bons et mauvais côtés, c'est un métier qui regroupe tellement de compétences variées que les jours se succèdent sans se ressembler.

Quelle rencontre vous a le plus marqué professionnellement ?

Deux personnes : Monsieur Thierry Bichet (AGF Finance Conseil) et Monsieur Cyril Castelli (LCL Banque Privée). Deux très grands professionnels. Tous les deux sont diplômés de l'ESGF, le premier en 1989, le second en 1999.

Qui est votre modèle professionnel ? Pourquoi ?

Cela peut paraître étonnant mais Jean-Marie Messier, dit « J2M », m'a beaucoup marqué. Avoir rebondi si vite après un échec si retentissant, c'est peut-être une leçon pour tous. Et nous sommes tous des J2M par certains côtés… Il n'y a pas d'autoroutes sans accidents.

De quoi êtes-vous le plus fier sur le plan professionnel ?

D'avoir toujours su garder mon intégrité et mon libre arbitre...

Qu'est-ce qui différencie le LCL des autres banques selon vous ?

Sa capacité à s'adapter aux challenges. Ce n'est pas simple de conserver sa clientèle à l'heure où on peut faire si librement son "marché bancaire".

Quelles qualités sont nécessaires à la réussite d'une carrière professionnelle selon vous ?

Se remettre en question, savoir demander, avoir une ambition personnelle élevée et savoir aussi, par certains côtés, se faire de "bons amis".

Quels conseils donneriez-vous à d'autres Anciens qui souhaiteraient occuper la même fonction que vous ?

Commencez par vous faire une idée du métier à travers les témoignages de ceux qui y travaillent puis définissez un projet professionnel pour savoir vraiment si la banque est faite pour vous. C'est un métier exigeant.

En quoi l'ESGF vous a-t-elle permis de construire votre projet professionnel ?

L'ESGF est une école dans laquelle on peut développer un réseau fort qui, conjugué à sa spécialisation très tôt dans les métiers de la finance, lui confère un style très apprécié des recruteurs.

Etes-vous encore aujourd'hui en contact avec d'anciens camarades de l'ESGF ?

Oui beaucoup et tous occupent de très bonnes positions.

Que pensez-vous du réseau PGSM Anciens ?

La fusion des réseaux d’Anciens de chaque école du groupe PGSM au sein d’un seul et unique réseau était une révolution nécessaire et je peux dire que nous sommes aujourd'hui le premier réseau d'Anciens sur le net.
La première manche est gagnée, celle du positionnement et de la notoriété.

Vous êtes aujourd'hui membre du Bureau de l'association PGSM Anciens, dans quel but ?

Je nourris de très grandes ambitions pour cette association.
A une époque, à l'occasion de ma nomination au poste de Président des Anciens de l’ESGF, je répétais que nous devions travailler avec de petits moyens mais avec une forte obligation de résultat.
Aujourd'hui, nous avons de gros moyens avec des résultats probants... L'avenir s'annonce radieux.

Vous avez participé au Forum des Métiers de la banque organisé par le département Carrières du groupe PGSM, pourquoi ?

La clé de la réussite, c'est la transmission des savoirs mais aussi et surtout de l'expérience. C'est en cela que les Forums des Métiers sont importants à mes yeux.

Vous donnez depuis la rentrée 2008 des cours de techniques de vente des produits financiers aux élèves actuels du groupe PGSM, pourquoi ?

C'est un lien nécessaire pour se remettre en question au niveau professionnel mais aussi pour faire partager une expérience terrain aux étudiants.

Avez-vous déjà recruté des anciens élèves du groupe PGSM ?

Oui bien sûr. Je dirais même que nous allons vers eux. Ils sont très vite opérationnels dans les métiers de la banque et savent être force de proposition dans l'entreprise. C'est rare !

Quels sont vos projets professionnels ?

En dehors de mon métier de directeur d'agence et des modules d'enseignement que je dispense, je suis sur un projet qui me tient à coeur, celui de la formation professionnelle continue. Je devrais prochainement prendre des parts dans une entreprise qui est en cours de création. Son but est de mettre très rapidement en relation des clients ayant un besoin en formation avec les plus grands professionnels de la place.

Merci Jean-Baptiste.

 

Interview - Pascal Mellul Pascal Mellul
Président fondateur de Brain Logic, ESGI 99

PGSM Anciens : bonjour Pascal, pouvez-vous retracer brièvement votre parcours professionnel ?

Après un passage dans l’équipe de production informatique de la Bourse de Paris, je me suis rapidement orienté vers la gestion de projets au sein d’Euronext, puis dans la division Financial Software du groupe Reuters.
J’ai ensuite mis en place le département « Process & Industrialisation » au sein de l’équipe système de la banque d’investissement de la Société Générale (SGCIB).
Après le management, j’ai eu envie de tester mes talents de commerciaux pour Segula Technologie (société de conseil et d’ingénierie) où j’ai repris et développé le pôle infogérance (110 consultants répartis en France).  
Etant rassuré sur mes capacités commerciales, j’ai décidé début 2006 de créer ma propre société de services en informatique et voler de mes propres ailes !

Quelle est l’activité de votre société Brain Logic ?

Brain Logic est une société de services spécialisée dans les métiers du support utilisateur (poste de travail et environnement serveur), de l’infrastructure du matériel et du logiciel (architecte système ou réseau, ingénieur système ou réseau, ingénieur stockage, etc.), du conseil et de l’organisation (chef ou directeur de projets, consultant en maîtrise d’ouvrage, etc.).
Nous mettons à disposition de nos clients les compétences de nos consultants, pour des missions durant de 3 mois à 3 ans (pour les très grands projets). Nos clients sont principalement de grandes entreprises dans les domaines de la finance, des télécommunications et du service.

Quelles sont ses valeurs ?

La loyauté, l’engagement, la diversité sont les valeurs que nous défendons et sur lesquelles nous nous engageons aussi bien vis-à-vis de nos clients qu’envers nos collaborateurs. Le respect des engagements est malheureusement une qualité qui se perd de nos jours.

Vous ressemblent-elles ?

Je me suis toujours senti redevable de ce que la vie m’offrait. J’ai été fier d’être diplômé d’une école d’ingénieur qui m’a permis d’intégrer le monde du travail « par la grande porte ». Et je me suis toujours engagé à offrir le meilleur de moi-même, à repousser mes limites pour sans cesse aller plus loin et plus haut.
Il va sans dire que j’attache aujourd’hui la même importance à appliquer et à véhiculer ces valeurs au sein de mon entreprise.

Qu’aimez-vous le plus et le moins dans votre fonction de chef d’entreprise ?

Je suis quelqu’un de très indépendant (qualité, à mon sens, indispensable pour être chef d’entreprise) et la liberté (d’action et de pensée) qu’apporte le pilotage d’une entreprise est une véritable bouffée d’oxygène. Chaque jour, de nouvelles opportunités se présentent, c’est une aventure au quotidien.
Dans une PME, le chef d’entreprise doit jongler, entre les aspects RH, la fiscalité, le commerce, etc. Cette polyvalence est certes très enrichissante mais certains jours assez pesante, car vis-à-vis de la loi, le gérant d’une entreprise est légalement (et pénalement) responsable de tous les engagements pris la société.  

Quelle est la rencontre qui vous a le plus marqué professionnellement ?

Je pense comme beaucoup de monde, mon premier patron à la Bourse de Paris. Un homme très dur, très exigeant mais qui m’a donné ma chance et le goût de l’effort.

Qui est votre modèle professionnel ?

Je suis admiratif des profils créatifs qui réussissent dans le business, comme Steven Jobs ou Richard Branson. Ils se fient uniquement à leur instinct et avancent dans les affaires avec une forte dose d’inconscience et le pire, c’est que ça marche !! En réalité, ils ont avant tout un talent énorme, une forte personnalité et un zest de chance.

Quelle principale qualité vous paraît nécessaire à la réussite d'une carrière professionnelle ?

Je pense que la constance et le sérieux sont les clés d’une carrière réussie. Sur la durée, les « bons » finissent toujours par être repérés et récompensés. Il ne faut cependant pas confondre patience et immobilisme. Si vous avez le sentiment de ne pas être reconnu à votre juste valeur, regardez au-delà des frontières de votre entreprise et pourquoi pas de votre pays.

Quels conseils donneriez-vous à d'autres Anciens qui souhaiteraient également créer leur entreprise ?

Il ne faut pas négliger la phase de préparation et notamment l’étude de marché et le business plan qui sont des étapes primordiales avant de lancer une entreprise. N’hésitez pas à demander conseil et à confronter vos projections aux réalités du marché auprès de professionnels établis dans le secteur que vous visez. 
Enfin, visez une rentabilité dès la première année. Dans le cadre d’une première société, vous devez gagner de l’argent rapidement et pouvoir vivre de votre activité. Les rentabilités à 3 ans et les investissements importants peuvent être envisagés si vous vous assurez par ailleurs d’avoir un frigo toujours plein !

En quoi l'ESGI vous a-t-elle permis de construire votre projet professionnel ?

La formation dispensée à l’ESGI m’a permis d’être opérationnel très rapidement et d’avoir de bonnes bases pour continuer à apprendre. En informatique tout va très vite, vous devez mettre à jour vos connaissances en permanence. Il est important de savoir aller chercher l’information.
Lors de la création de mon entreprise, j’ai découvert que mes connaissances acquises dans les matières « secondaires » de la formation d’ingénieur en informatique comme le droit, la comptabilité ou le marketing se sont révélées extrêmement utiles, voire indispensables. Je délègue aujourd’hui ces aspects à des spécialistes, mais je garde un œil avisé sur ces questions.

Quels souvenirs gardez-vous de vos années à l'ESGI ?

Après avoir plutôt « subi » les cours au lycée puis en prépa, j’ai pu enfin me consacrer à ma passion durant mes années à l’ESGI. Quel que soit votre domaine de prédilection, quand on aime ce qu’on fait, les résultats viennent d’eux-mêmes.

Etes-vous encore aujourd'hui en contact avec d'anciens camarades de l'ESGI ?

J’ai gardé quelques contacts avec des camarades de promotion, mais pas assez à mon goût.

Que pensez-vous des outils mis en place pour animer le réseau des Anciens PGSM ?

Je pense que tout est là pour renouer le contact, mais comme toujours, c’est le temps qui fait défaut. Il faut s’obliger à prendre ce temps car c’est toujours un réel plaisir de revoir d’anciens camarades. 

Avez-vous déjà participé à un événement PGSM Anciens, si oui pourquoi ?

Oui, j’ai participé au dernier Forum des Métiers de l’informatique organisé par le département Carrières du groupe PGSM en juin 2008. Je souhaitais proposer des opportunités d’emplois et parler de mon parcours et de mon expérience. L’entrée dans la vie active est un moment charnière dans la vie d’un étudiant et je me souviens avoir beaucoup apprécié les échanges avec les Anciens lorsque j’étais moi-même en dernière année. Il me semble normal aujourd’hui de « renvoyer l’ascenseur ».

Avez-vous déjà recruté des Anciens ESGI ?

L’occasion ne s’est pas encore présentée, mais j’en serais ravi. Je ne fais cependant pas de favoritisme particulier vis-à-vis des anciens ESGI.

Quels sont vos projets professionnels ?

J’en suis aujourd’hui à ma troisième société (comme créateur ou associé) et je m’amuse toujours autant. Tant que je suis en forme, je compte continuer sur cette voie et faire grandir mes projets. Je suis loin d’avoir réalisé tous mes rêves et ça tombe bien car je viens à peine de commencer … !

Merci Pascal.

 

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